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Lettre à l'Éditeur
Le Droit
47, rue Clarence, pièce 222
C.P. 8860, succ. T
Ottawa, ON K1G 3J9
Ottawa, le 27 janvier 2003
Sujet: Les réunions de consultations publiques bilingues
Cher Éditeur:
Le 25 janvier 2003, Charles Thériault écrivait dans Le Droit, que
j’avais récemment « surpris tous mes collègues du conseil municipal»
en indiquant ma préférence pour des réunions publiques dans un format
bilingue plutôt que d’exiger des réunions uniquement en français.
J’ignore si cela « a surpris » qui que se soit, mais il est vrai que
je préfère, et de loin, des réunions bilingues bien organisées pour
desservire nos deux principales collectivités linguistiques. L’option
d’avoir des réunions publiques uniquement en anglais ou en français
aura pour effet d’accentuer le clivage entre nos deux plus importantes
collectivités alors que l’on devrait chercher, par tous les moyens, à
les rapprocher. Je me demande, si à long terme, la collectivité
francophone sera bien servie par une telle approche.
De nos jours, les francophones qui habitent la ville d’Ottawa se
retrouvent dans tous les coins de la Capitale, de Goulburn à
Cumberland, en passant par la Basse-Ville et Gloucester. C’est en
partie pour cette raison que notre politique sur les services en
français exige que les services soient offerts dans les deux langues
officielles sur l’ensemble du territoire de la ville d’Ottawa. Je suis
donc d’avis qu’une réunion unilingue en français ne peut desservir
adéquatement les résidents francophones car elle ne prend pas en
compte la réalité géographique des francophones de notre ville. Quoi
de plus insolant que de se faire rappeler à l’ordre lors d’une réunion
publique dans son quartier que les questions et commentaires en
français devront être adressés lors de la réunion en français qui se
tiendra à l’hôtel de ville! Est-ce là, la bonne façon de desservir
tous les francophones de la ville?
Ce repliement sur soi nous empêche de promouvoir le dialogue et de
contribuer à une plus grande compréhension de nos collectivités
respectives. Les discussions sur des dossiers importants tels le
transport en commun, la croissance, la densification et le logement
sont des dossiers qui nous concernent tous et pour lesquels nous
devons en discuter ensemble et ce, en passant outre les barrières
linguistiques.
Pour moi, une réunion « bien organisée » se déroule efficacement et ne
comporte aucun dédoublement et donc aucune perte de temps. Il suffit
de jumeler une présentation orale, d’une même personne qui alterne
entre les deux langues officielles, à des textes projetés sur double
écran dans les deux langues. Ce modèle, appliqué lors des réunions
publiques dans mon quartier, fonctionne efficacement et permet à tout
le monde d’y trouver son parti. Les soient disant « malaises » et «
perte de temps » ne tiennent plus. Tout le monde reçoit la même
information et a la possibilité de participer aux discussions dans
leur langue de préférence. En agissant de la sorte, vous avez une
réunion bilingue où tout le monde est à son aise sans pour autant
prendre plus de temps qu’une réunion unilingue. Voilà la diversité à
son meilleur!
Ce sujet sera abordé lors de la prochaine réunion du Comité
consultatif sur les services en français le jeudi 6 février 2003, 19
h, à l’hôtel de ville d’Ottawa, salle Champlain. Je vous prie de
participer à la réunion ou tout de moins faire parvenir vos
commentaires sur ce sujet à l’adresse courriel suivante:
diane.blais@ottawa.ca.
Jacques Legendre
Conseiller municipal
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