Lettre à l'Éditeur 
Le Droit
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C.P. 8860, succ. T
Ottawa, ON K1G 3J9

Que se passe-t-il à la Commission de services policiers?

L'été dernier la Commission de services policiers d'Ottawa-Carleton (S.P.O.C.) se trouva dans l'obligation de combler un poste de chef adjoint suite à la retraite du chef adjoint Raymond Renaud. La gestion supérieure est composée d'un chef, deux chefs adjoints et d'un administrateur civil. Suite au départ de M. Renaud il n'y avait aucun cadre bilingue à la gestion supérieure, donc personne capable de répondre aux questions et aux inquiétudes des francophones de la Municipalité régionale d'Ottawa-Carleton. Dans de telles circonstances, comment la Commission, l'organisme de citoyens et de membres du Conseil régional ayant la tâche de surveiller le fonctionnement de la police et d'y établir ses politiques, s'est-elle aquittée de sa tâche?

Il semble que la Commission aurait discuté l'été passé, à huis clos, la façon qu'on annoncerait le concours et la portée du texte de l'avis. La Commission décida de publier l'annonce trois fois dans le Globe & Mail et une fois dans le Turtle Island News! (Un membre du service avait pourtant souligné à la Commission l'importance d'afficher en français - donc pas question d'un simple oubli.) Afin de préparer le texte de l'avis, la Commission décida qu'elle désirait des candidats avec la formation ou l'expérience nécessaire ... En plus, de peur, semble-t-il, d'éliminer trop de candidats compétents (.!?), la Commission décida que le bilinguisme serait un atout mais pas nécessaire au poste! C'était seulement à l'automne, après la date ultime pour les mises en candidatures, que la Commission, afin de préparer son processus de sélection, se pencha sur les détails des critères qu'elle exigerait des candidats! Pour compléter l'histoire, il faudrait ajouter que la Commission aurait demandé au chef actuel de communiquer l'annonce du concours à ses homologues ailleurs au pays, principalement au Québec et en Ontario...

On se souviendra que: lors du concours pour combler le poste de chef du service ainsi que lors du concours pour combler le poste de l'administrateur civil il y a quelques années, la Commission à l'époque avait choisi d'annoncer les deux concours au niveau national dans les deux langues officielles. Aussi, elle s'était doté des services d'une firme d'experts-conseils pour aider à la recherche de candidats appropriés et aux évaluations éventuelles. Les S.P.O.C. compte presque 1300 membres. Selon son chef, les S.P.O.C. sont les 5ième plus important services policiers à l'échelle nationale, y compris la GRC et les services provinciaux. Les S.P.O.C. surveille le territoire de la capitale nationale d'un pays officiellement bilingue, d'une municipalité officiellement bilingue, peuplée d'une importante minorité francophone. Tout ça pour dire que le poste de chef adjoint aux S.P.O.C. est un poste d'une importance indéniable et mérite qu'on y porte toute l'attention nécessaire.

A titre de nouveau membre de la Commission depuis le mois de décembre, j'ai demandé à mes collègues de la Commission, le 18 janvier dernier, d'annuler le concours et de le recommencer à l'échelle nationale. Aussi, j'ai demandé que l'on repense les critères, en particulier l'importance accordée au bilinguisme. La Commission, le 18 janvier, pendant une autre réunion à huis clos, a décidé de maintenir le cap et de continuer l'exercise malgré tous ses défauts. 

Les erreurs se sont rapidement accumulées dans cette histoire. D'abord, je ne comprendrai jamais la nécessité de discuter à huis clos dans ce dossier. Le huis clos est permis lorsqu'il s'agit d'éléments touchant la sécurité publique, les questions de finances ou de lois et finalement pour les questions touchant des individus. Le huis clos est défendu en toutes autres circonstances. Une simple discussion des critères pour un poste ne justifie pas le huis clos. Deuxièmement, combler un poste de chef adjoint à un service de l'importance de celui en question mérite une recherche crédible à l'échelle nationale appuyée d'experts-conseils en matière de ressources humaines. Troisièmement, il reste étonnant et, au fond, insultant, qu'en 1998, au coeur d'un Canada bilingue, qu'on puisse toujours se faire dire, avec toute sincérité, qu'on n'osera pas afficher un tel poste bilingue-impératif par crainte de ne recevoir aucune candidature acceptable!

Malheureusement, le concours est terminé et la Commission a pris sa décision même si elle n'a pas encore paru officiellement dans les médias. Que peut-on faire? Certes, au minimum, on pourrait communiquer avec les responsables pour leur faire part de son point de vue. Voici leur coordonnées:

Commission de services policiers d'Ottawa-Carleton
111, rue Lisgar, Ottawa, Ontario K2P 2L7

Peter Vice, Président, 232-5773 (bureau)
Grahame Baskerville, 825-8350 (résidence)
Anne Boudreau, 822-2188 (résidence)
Elizabeth Buckingham, 782-2484 (b)
Bob Chiarelli, 560-2068 (b)
Herb Kreling, 560-1204 (b) 837-8331 (r)
Jacques Legendre, 560-1219 (b) 749-2375 (r)

À vous la parole.

Jacques Legendre
Conseiller

 


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