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Lettre à l'Éditeur
(French Version Only)
Le Droit
EXAMEN DU SYSTÈME DES PLAINTES CONTRE LA POLICE
Au mois de juin, le gouvernement a
nommé l’honorable Patrick J. Lesage, c.r., ancien juge en chef de la
Cour supérieure de l’Ontario, afin qu’il examine le système par
lequel les citoyens peuvent porter plainte contre les services
fournis par la police ou contre la conduite des policiers. La
dernière modification apportée à la Loi sur la police date de 1997.
Depuis, le système a connu des ratés quant à sa crédibilité et sa
transparence. Le système des plaintes est au cœur de la confiance du
public envers la police. Il est tout aussi important pour la police
même, car cette dernière dépend de la collaboration étroite du
public pour bien effectuer son travail.
Les suggestions suivantes contribueront grandement à accroître cette
confiance :
• Il importe de corriger la plus grande faiblesse du système actuel,
c’est-à-dire le fait que les plaignants doivent, d’une part, porter
plainte à l’organisation même qui fait l’objet de leurs doléances
et, d’autre part, accepter que cette dernière examine leur plainte.
La responsabilité du traitement des plaintes ne devrait plus
incomber au chef de police. L’unité des normes professionnelles,
actuellement chargée d’enquêter sur le bien-fondé des plaintes,
devrait relever de la commission locale de police plutôt que du
chef.
• Les appels provenant des recommandations de résolution des
plaintes, proposées par l’unité des normes professionnelles,
pourraient se faire à la commission locale même. Si la décision de
la commission locale s’avérait inacceptable, un deuxième appel
pourrait être interjeté à la Commission civile des services
policiers de l’Ontario (CCSPO).
• Le système actuel devrait être simplifié. À l’heure actuelle, il
est compliqué, car les plaintes doivent être classées selon a) les
politiques ou les services fournis par le corps policier ou b) la
conduite des agents. Cette classification entraîne différents
niveaux d’appels, n’a aucune utilité et peut semer la confusion. Des
problèmes inutiles et gênants surviennent lorsqu’un incident donne
lieu à des plaintes qui recoupent les deux catégories ou sont
formulées de telle sorte qu’elles donnent lieu à une classification
inexacte.
• La formation offerte aux nouveaux membres des commissions locales
est loin d’être adéquate : elle ne met pas l’accent sur l’importance
de maintenir une certaine distance entre les commissions (surveillants)
et les services de police (surveillés).
Aucun de ces changements n’exigera des dépenses supplémentaires.
Avant 1997, l’Ontario était considérée comme un chef de file mondial
dans le traitement des plaintes contre la police. Le rétablissement
du « Bureau du commissaire aux plaintes contre la police » à
l’échelon provincial permettrait de reconquérir cette position
enviable. Son principal échec réside dans la longueur excessive du
processus de résolution des plaintes. Les quatre modifications
proposées à la Loi sur la police, expliquées dans les présentes,
pourraient presque avoir le même résultat, tout comme le
rétablissement du poste de commissaire aux plaintes, d’ailleurs,
sans toutefois occasionner de frais supplémentaires. Ces
modifications rehausseraient infiniment la crédibilité du système
des plaintes et bonifieraient le rôle des commissions locales de
services policiers.
Nous avons la chance, au Canada, de pouvoir compter sur l’excellence
de nos responsables de l’application de la loi. Il serait malheureux
que nous nous reposions sur nos lauriers plutôt que prendre les
moyens nécessaires pour régler le problème auquel nous faisons
actuellement face.
Jacques Legendre
Conseiller
Rideau-Rockcliffe
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2007-09-19
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